“Runaway Climate Change”, by Usbek et Rica

The next IPCC report (Intergovernmental Panel on Climate Change), coming out in February, will announce an increase in extreme weather events such as droughts, floods and hurricanes between now and the end of the century. Never before has there been so much talk about an apocalypse as there has been at the start of this new (last) year. Scientific predictions have been mixed with visions of the ‘End of the World’. In reality, however, the outcome is far from set in stone.

 

At the beginning of this 21st century, our collective imagination is drinking in doom-and-gloom predictions and prophecies about the end of the world which, in films, take the form of devastating disasters and storms. In Take Shelter, a film by Jeff Nichols out in January, a father is possessed by visions of a devastating tornado and builds an underground bunker to protect his family. He thinks he may be crazy, but is the storm really just in his mind? Between doom-and-gloom documentaries such as Syndrome du Titanic (Nicolas Hulot) and apocalyptic blockbusters such as 2012 (Roland Emmerich), reality and fiction end up looking so similar that sometimes we wonder whether or not we too should build our own bunker. In 2012, an approximate reading of the Mayan calendar is adding fuel to the fire by marking 21 December 2012 as the last day for mankind.

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4 months ago

“Climat, l’emballement général”, par Usbek et Rica

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Photography: Copyright All rights reserved Nicholas Max Scarpinato

Le prochain rapport du GIEC, à paraître en février, annonce l’augmentation des événements climatiques extrêmes d’ici la fin du siècle, sécheresses, inondations, ouragans… On n’a jamais autant parlé d’apocalypse qu’en ce début de nouvelle (dernière) année. Les prédictions scientifiques se mélangent aux fantasmes de fin du monde. En réalité, le scénario est loin d’être écrit.

 

En ce début de XXIe siècle, l’imaginaire collectif se nourrit de projections et prophéties catastrophistes sur la fin du monde, qui prennent la forme, au cinéma, d’ouragans et de cataclysmes dévastateurs. Dans Take Shelter, film de Jeff Nichols sorti en janvier, un père de famille, possédé par des visions d’une tornade dévastatrice, construit un abri souterrain pour protéger les siens. Il se croit fou, mais cette tempête est-elle vraiment intérieure ? Entre documentaires catastrophistes type Syndrome du Titanic (Nicolas Hulot) et blockbusters apocalyptiques comme 2012 (Roland Emmerich), réalité et fiction finissent par se ressembler au point qu’on se demande parfois s’il ne faudrait pas, nous aussi, construire notre abri. En 2012, les lecteurs approximatifs du calendrier maya en rajoutent une couche en cochant, à la date du 21 décembre prochain, le dernier jour de l’Humanité.

 

C’est dans ce climat réjouissant que sort, en février, le prochain rapport du GIEC (groupement intergouvernemental d’experts sur le climat). Consacré à la prévention des risques liés aux évènements climatiques extrêmes, il assombrit encore le tableau. On y apprend que la fréquence des cyclones, tempêtes, ouragans les plus violents, du type de ceux que l’on observe tous les 20 ans, va s’intensifier, voire doubler d’ici 2080. Plus uniquement focalisés sur le réchauffement climatique, le rapport évalue les impacts économiques des catastrophes naturelles. En 2005, les pertes liées aux catastrophes naturelles dans le monde se sont élevées à près de 225 milliards de dollars, dont seulement la moitié étaient couvertes par des assurances. Cette courbe est en dents de scie, mais la tendance à la hausse. S’ils soulignent la difficulté d’évaluer la répartition géographique des phénomènes climatiques extrêmes à venir, les scientifiques prévoient une augmentation générale du nombre de jours exceptionnellement chauds et de ceux soumis à des précipitations abondantes. Le résumé à l’intention des décideurs, opportunément publié (quoique sans succès), juste avant la conférence de Durban, note que la combinaison de facteurs négatifs, vulnérabilité des populations et absence de gestion des risques, avec les effets du réchauffement climatique, représente un cocktail explosif.

« Les prophètes de la décomposition pullulent »

Cet horizon lugubre a de quoi faire paniquer. D’ailleurs, certains mélangent tout, apocalypse, Antéchrist, GIEC et voyance. Il en va ainsi de Pascal Bruckner, qui s’érige contre cette mauvaise ambiance dans son livre Le fanatisme de l’apocalypse :

 

« Dans le kit de base de la critique verte, le cataclysme est requis et les prophètes de la décomposition pullulent. Ils utilisent sans mesure le tambour bruyant de la panique, nous somment d’expier sans tarder. Cette peur du futur, de la science, de la technique traduit ce moment où l’humanité, surtout occidentale, se prend en grippe. Sa prolifération l’exaspère, elle ne se tolère plus. » (pp 12, 13)

Certes, il reconnaît, quelques lignes plus haut, que l’écologie est « la seule force originale du demi-siècle écoulé », mais ça ne l’empêche pas de confondre 2012, les quelques tenants de l’écologie profonde et les rapports du GIEC, dont le but n’est pas de paralyser l’humanité mais d’appuyer la transition écologique sur un socle scientifique valide alors que les passions se déchaînent. Lorsqu’il s’agit de dessiner la carte d’un monde réchauffé, les scientifiques du GIEC restent, dans leur grande majorité, mesurés. Dans une interview récemment accordée à l’Humanité, Hervé Le Treut, climatologue, répond : « C’est compliqué. D’abord, parce que notre imaginaire est principalement tourné vers les catastrophes brutales et visibles. Mais quels seront réellement les impacts d’un Arctique privé de glace? Difficile de l’anticiper. L’assèchement des zones tropicales est probable, mais pas de toutes. On pense au Sahel. C’est une région vulnérable. Mais si certains modèles l’envisagent plus sec, d’autres l’envisagent plus humide. De manière générale, l’excès de chaleur nuira à la production agricole. Mais l’excès de CO2 peut lui être profitable. Quel effet va dominer et dans quelles régions? Nous sommes face à un monde que nous n’appréhendons encore que partiellement. »

38 millions de migrants environnementaux

On peut  difficilement mettre tous les bouleversements à l’œuvre sur le compte du fantasme. D’après le premier « Etat de la migration environnementale 2010 » publiée par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et l’Institut du développement durable et des relations internationales (IDDRI), en 2008, 4,6 millions de personnes ont fuit un conflit violent et 20 millions ont dû quitter leur domicile après une catastrophe naturelle. En 2010, on comptait 38 millions de migrants environnementaux. Le phénomène est complexe car les gens sont brutalement chassés par des catastrophes, mais aussi, plus insidieusement, par la dégradation progressive de leur environnement. Dans ce contexte, l’enjeu du fonds d’adaptation au changement climatique et de son financement est crucial pour l’avenir des pays les plus vulnérables. En France, un premier plan d’adaptation a été acté en 2011 et prévoit 80 actions d’ici 2015 : économies d’eau, agriculture, forêts, refroidissement des centrales nucléaires (qui réchauffent les fleuves)… Dans un avenir proche, les chances d’abandonner la culture du maïs pour le sorgho sont à peu près les mêmes que celles de sortir du nucléaire. Ce plan souligne toutefois qu’on ne peut pas éviter d’anticiper un avenir différent, où le paysage de la France serait remodelé par le réchauffement climatique. À force de crier au loup, les écologistes ne sont plus écoutés, noyés dans un catastrophisme ambiant où l’on ne distingue plus bien la route à prendre, ce qui n’est pas sans arranger les adeptes du statu quo. Paradoxalement, on doit avancer dans l’urgence mais en aveugle. C’est pour cela qu’il est tentant de fermer les yeux. 

Par Usbek & Rica

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4 months ago

Will there be a war over water?

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Perhaps not if we invent jumpsuits that recycle our urine, as Frank Herbert did in his science fiction novel Dune, or if we move icebergs from the poles to the coastlines of the Mediterranean. Technological, economic and geopolitical solutions are being implemented to deal with the increased scarcity and degradation of the resource, but water governance is still in its early stages. Is water going to become a precious asset we will have to pay big money for, or even fight for?

 

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5 months ago

La guerre de l’eau aura-t-elle lieu ?

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Peut-être pas si l’on invente, comme dans Dune, le roman de science-fiction de Frank Herbert, des combinaisons qui recyclent notre urine ou si l’on déplace des icebergs depuis les pôles vers les côtes méditerranéennes. Face à la raréfaction et à la dégradation de la ressource, des solutions technologiques, économiques et géopolitiques sont alignées, mais la gouvernance de l’eau est encore balbutiante. Va-t-elle devenir un bien précieux pour lequel on devra sortir son portefeuille, voire ses armes ?

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5 months ago

From synthetic steak to swede: back to the future

Food future

The menu of the future: pills, plankton, nitrogen bars and more. Will these rather unappetizing premonitions that, in some cases, date back to the early 20th century actually come to pass some day?  

 

In 2000, there will be neither agriculture nor priests nor workers in the world: cultivating the land will have been replaced by chemistry. … The day will come when we will each carry with us a nitrogen bar, a slab of fat, a piece of starch or sugar and a flask of aromatic spices for our nourishment, all of which will have been produced economically by our factories, in unlimited quantities.”[1](at the bottom of the article) Yum… These are not the words of a science fiction novel, but rather those of an eminent chemist, Marcelin Berthelot, a member of the Academy of Sciences, Professor at the Collège de France and Minister of Public Instruction. The year was 1894, and this was only the beginning. Preceded, or followed, by science fiction literature, science has made countless attempts to free the human food supply from harsh fluctuations in the climate, harvests and pathologies that threaten food security.  

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6 months ago

Du steak de synthèse au rutabaga, retour vers le futur

future food

   

Au menu du futur, des pilules, du plancton, des barres azotées… Ces prémonitions peu alléchantes, qui remontent, pour certaines, au début du XXe siècle vont-elles se réaliser un jour ?

« En l’an 2000, il n’y aura plus dans le monde ni agriculture, ni prêtre, ni laboureur ; (…) la culture du sol aura été supprimée par la chimie. (…) Un jour viendra où chacun emportera, pour se nourrir, sa petite tablette azotée, sa petite motte de matière grasse, son petit morceau de fécule ou de sucre, un petit flacon d’épices aromatiques, tout cela fabriqué économiquement et en quantité illimitées par nos usines »[1](voir à la fin de l’article).

Miam… Ces mots ne sont pas tirés d’un roman de science-fiction, mais du discours d’un éminent chimiste, Marcelin Berthelot, qui siégea à l’Académie des sciences, fut professeur au Collège de France et ministre de l’Instruction. Nous sommes en 1894, ça n’est que le début. Précédée, ou suivie, par la littérature de science-fiction, la science multiplie les tentatives pour délivrer l’alimentation humaine des contingences pénibles du climat, des moissons, des pathologies qui menacent la sécurité alimentaire.

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6 months ago

Biomimetics: From cyborgs to reforestation

Robot tree

(Illustration © Durango Design)

Science fiction has always explored the potential of biomimetics, but it tends to focus on producing miniature spy robots rather than the creation of forests in the desert. This is a shame, as the future would appear to lie with the latter application.

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7 months ago

Biomimétisme : des cyborgs à la reforestation

Robot tree

(Illustration © Durango Design)

Biomimétisme : des cyborgs à la reforestation 

Depuis ses débuts, la science fiction explore le potentiel du biomimétisme. Mais elle s’adonne plus à la fabrication de robots micro-espions qu’à la création de forêts sur des déserts. Dommage, car l’avenir est sûrement là.


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8 months ago

 

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